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Légalisation

Les députés soutiennent l’expérimentation de l’usage médical du cannabis

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Les députés se sont largement prononcés en commission en faveur d’une expérimentation de l’usage médical du cannabis, même si certains élus se sont interrogés sur le signal envoyé aux jeunes ou sur la question de la production de la substance.

L’amendement du rapporteur Olivier Véran (LREM) au projet de budget de la Sécu pour 2020 prévoit à titre expérimental, pour deux ans, d’autoriser l’usage médical du cannabis. Il a été adopté “à une très large majorité” en commission des Affaires sociales, selon une source parlementaire.

L’expérimentation devrait concerner environ 3.000 patients, pour traiter des douleurs liées par exemple au cancer ou à la sclérose en plaques, a expliqué M. Véran. Elle se fera sur prescription médicale dans plusieurs centres hospitaliers, et la substance pourra être administrée sous forme de “fleurs séchées, huiles ou tisanes”.

Soulignant que “17 pays de l’Union européenne l’ont déjà autorisé sous différentes formes”, M. Véran, neurologue de profession, a dit avoir vu des patients qui ne “tiennent le coup” qu’en consommant du cannabis, pointant “beaucoup d’hypocrisie” sur le sujet.

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L’amendement devra être revoté la semaine prochaine dans l’hémicycle pour être intégré au projet de budget.

Des députés de tous bords se sont montrés favorables à cette expérimentation, à l’instar de Jean-Pierre Door (LR), Alain Bruneel (PCF), Paul Christophe (UDI-Agir) ou d’Adrien Quatennens (LFI) qui a souligné qu’en France, “des malades s'(en) procurent dans le circuit illégal”.

Certains députés, dont Stéphane Viry (LR) ou Philippe Vigier (Libertés et Territoires) se sont néanmoins interrogés sur les besoins de production de cannabis découlant de cette possibilité nouvelle. Sur ce point, M. Quatennens a estimé que l’amendement ouvre “la boîte de Pandore”, Boris Vallaud (PS) plaidant, “s’il y a une manne”, pour qu’elle demeure publique.

Olivier Véran a répondu que dans le cadre de l’expérimentation, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) sera “chargée de se procurer” le produit auprès de pays où il est “considéré déjà comme médicament”, récusant toute incitation à “développer une filière de production”.

“On parle de 3000 malades, pas une quantité astronomique de gens qui se refileraient sous le manteau des sacs de +beuh+” , a-t-il insisté.

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L’expérimentation de deux ans devrait concerner environ 3000 patients, pour traiter des douleurs liées par exemple au cancer ou à la sclérose en plaques.

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) sera “chargée de se procurer” le produit auprès de pays où il est “considéré déjà comme médicament”, récusant toute incitation à “développer une filière de production”.

Plusieurs élus se sont aussi interrogés sur le calendrier alors qu’une mission d’information parlementaire planche sur les “usages du cannabis”.

Aux élus tels Cyrille Isaac-Sibille (MoDem) s’interrogeant sur le signal envoyé aux jeunes, M. Véran a répondu ne pas croire qu’ils “attendent qu’on parle d’usage médical pour s’intéresser au cannabis, hélas”.

(AFP)

Tags : FranceLoiPolitiqueThérapeutique